Pour créer, oublier le regard de l’autre…

Un des freins que je rencontre fréquemment, lors de mes interventions en créativité, est la difficulté à affirmer une idée, une opinion personnelle au sein d’un groupe. Et si le contexte est celui de l’organisation, c’est encore plus délicat ! Les idées restent souvent très proches de ce que l’on connaît déjà et la prise de risque est souvent évitée. J’expliquerai dans un autre post les raisons qui peuvent provoquer cette prudence. 

En tant que formatrice et coach, mon enjeu est notamment de rassurer le « Je » au regard du « Nous », pour lui permettre de libérer le meilleur de son potentiel, afin de favoriser la posture créative et permettre la co-construction d’un nouveau projet. Une de mes astuces est de passer par la métaphore, par exemple le conte. 

Et il y a une histoire que j’aime beaucoup raconter en préambule pour entamer la discussion sur la peur du jugement ou la comparaison à l’autre et leur impact sur le processus créatif. C’est un petit conte africain que voici : il s’intitule tout simplement : « Le père, l’enfant et l’âne ».

Un enfant demande à son père :

– Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?

Alors le père demande à son fils de le suivre ; ils sortent de la maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied.
Et les gens du village de dire :
– Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d’aller à pied !
– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison, dit le père.

Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur l’âne et lui marchant à côté. Les gens du village dirent alors :
– Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !
– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Le jour suivant ils s’installent tous les deux sur l’âne avant de quitter la maison. Les villageois commentèrent en disant :
– Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi !
– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l’âne trottinant derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :
– Voilà qu’ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C’est le monde à l’envers !
– Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Arrivés à la maison, le père dit à son fils :
– Tu me demandais l’autre jour le secret du bonheur. Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu’un pour y trouver à redire.

Fais ce que tu aimes et tu seras heureux !

La discussion qui suit est souvent riche et fructueuse et permet de mettre en place un cadre qui va sécuriser le travail de chacun. 

Et vous, comment favorisez-vous le travail créatif ? 

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